vendredi 13 février 2015

Los Barilles

Après 1500 kilomètres de routes étroites, sans accotement bien souvent, une petite pause était souhaitée. Nous avons posé nos pénates à Los Barilles, petite localité plutôt bon enfant, où séjournent plusieurs américains et canadiens, pour la plupart réunis par une passion commune ayant pour maître: le vent.

En effet, ici à Los Barilles, dans la mer de Cortez, il souffle assez régulièrement un vent du nord qui est assez régulier et qui attire les fervents de planches à voile et de kitesurf.

Nous séjournons, au Martin Verdugo's, lequel est fréquenté en majorité par des habitués qui y reviennent année après année. Ces vieux adolescents bien souvent de 70 ans et plus, ne parlent que de ça et ne font que ça, s'amuser avec le vent. Et ils sont tous dans une forme enviable. Pas de bedaine. Que des sourires.



Pour nous, c'est plus calme 

Malgré tout, nous avons considéré longuement la possibilité de suivre un cours de kitesurf. Mais ca voulait dire qu'à partir de maintenant, nos séjours à l'étranger auraient été planifiés en fonction de ce qui serait peut-être devenue une nouvelle passion. Et nous ne souhaitons pas nous limiter dans nos voyages aux mêmes endroits. Trop à voir encore.

La piscine du camping

La plage à quelques pieds de notre site


La petite ville est peuplée en majorité par des touristes. Les prix sont à l'avenant.  Peu de réglementation. On circule en véhicule tout-terrain partout dans la ville. "Avec pas de casques"comme dirait l'autre!

Deux Hell's Angels masqués...

Punta Pescadero accessible par vtt
 
Sirène sortant de l'eau

Quelle classe...

Et quel lever de soleil 

À quoi pense t'il ? 

Comme dans tous les villages, il y a toujours une station où il est possible de se procurer de l'eau potable pour quelques pesos.

La planta purificadora de agua de Los Barilles
 
En étant prudent avec l'eau, il n'y a aucun problème à séjourner en Baja California. Aucun problème de santé après déjà 40 jours dans ce coin de pays.

Pescadero et Todos Santos

Finalement, après avoir été pardonné, nous sommes remontés vers le nord, pas loin, quelques 80 kilomètres tout au plus, jusqu'à Pescadero où nous avons séjourné au Los Cerritos Surf Colony. Il s'agit tout au plus d'un resort, fort joli au demeurant, qui permet aux vr de s'installer dans le stationnement pour 30.US.$ par jour, sans aucun service, seulement de la poussière. Mais on peut jouir des installations de l'hôtel et de la plage, qui y est magnifique. Tout à côté, il est cependant possible de passer la nuit sans frais, en boondocking, sans piscine mais avec un accès à la plage.

La piscine 


La plage et un hôtel boutique luxueux 

Lise, après le pardon...


Après de fantastiques marches sur la plage et avoir pleinement profité des installations, nous nous sommes dirigés vers Todos Santo, haut lieu des artistes du cru, dont beaucoup sont américains. Il vaut le coup de s'y arrêter. Le poisson vendu dans les rues est extraordinairement frais et m'a permis de réaliser un ceviche savoureux.

Todos Santos est aussi un haut lieu du surf.

C'est ici que se retrouve l'Hotel California, qui n'a rien à voir avec la chanson éponyme popularisé par les Eagles .

Nous avons aussi croisé le convoi funéraire d'un cowboy décédé.

Todos Santos est certainement à voir. C'est un peu grano et hippie mais bien agréable. 

Los Cabos

Le bout de la péninsule de la Basse Californie est atteint après quelques 1500 km., à Cabo San José et Cabo San Luca. 

Peu à dire sur ces villes, sinon qu'elles regroupent les ensembles hôteliers offrant des vacances et des tarifs tout-inclus. Et ils sont pour nombre d'entre eux en réparation, l'ouragan Odile de septembre 2015, ayant eu des effets dévastateurs. Tuiles de toit arrachées. Structures effondrées. Les prix, pas effondrés pour autant, sont affichés en dollars US., tant dans les magasins que dans les restaurants. Il y a de magnifiques terrains de golf, qui sont extrêmement chers. Tiger vient de participer à la conception du El Diamante.

El Diamante 

Des dégâts 


Peu de campings près des plages. Le Villa Serena est correct, avec de bonnes douches et un signal internet acceptable.
Et on est en ville, Home Depot et Costco en face, WalMart à quelques kilomètres.

Mais le site est enchanteur.

Nous y avons passé quelques jours, avec de beaux moments sur les plages environnantes. Mais on doit se déplacer en véhicule. Nous avons vu nos amis français Alain et Marie-Agnes passer une nuit en boondocking sur la plage de Medano.

Sur la playa Santa Maria
Et quelques jolies naïades en ont même profité pour me célébrer à l'occasion de mon anniversaire...

Sur la playa Medano 

Lise n'était pas contente. Je suis rentré à pied et j'ai passé la nuit dans la boîte accrochée à l'arrière du Campignol. Peut-être me pardonnera t'elle ?

jeudi 12 février 2015

Guerrero Negro

En arrivant dans la Baja Sur, Guerrero Negro est la première ville que nous croisons. C'est un lieu privilégié pour l'observation de la baleine grise qui s'y retrouve en grand nombre à l'occasion de sa migration annuelle.

Les baleines grises (Eschrichtius robustus) du Pacifique Nord-Est effectuent une des plus grandes migrations parmi les mammifères. Chaque année, elles parcourent 16 000 km le long des côtes ouest de l’Amérique du Nord. En hiver, elles se reproduisent et donnent naissance dans les eaux tranquilles des trois lagons de la péninsule de la Basse-Californie qui s’étire sur 180 km. Elles quittent ces eaux chaudes pour passer l’été dans les mers de Béring et des Tchouktches, où elles se nourrissent de petites proies benthiques. Un tiers seulement de la population migre: les femelles gestantes et sexuellement matures, des mâles et des juvéniles; le reste se répartit le long des côtes entre l’Alaska et la Californie. La population est estimée à 20 000 individus.



Nous y avons passé des moments magiques dans une petite barque à l'occasion d'une visite que nous avons faite dans la lagune. Nous avons pu les approcher de près.




Un peu plus et on la touchait...

Cette population serait en train de modifier son patron de migration à cause des changements climatiques, en restant plus au nord de leurs quartiers habituels et plus longtemps, que ce soit en été ou en hiver. Quand la saison estivale dans les latitudes de l’Alaska est plus chaude et que le couvert de glace est moins important, la période d’alimentation s’allonge, et les femelles gestantes en tirent le bénéfice d’une meilleure condition physique et d’une plus forte natalité. L’hiver, un plus grand nombre de baleines fréquentent les lagons situés plus au nord de la péninsule de la Basse-Californie, comme le Ojo, au détriment du lagon plus au sud, le Magdalena.

Les changements climatiques pourraient donc mettre en danger l'économie locale de certains sites.

Des études devront être menées dans ces lagons du nord de la péninsule pour mieux évaluer ces nouvelles problématiques, et plus particulièrement pendant les années anormalement chaudes en raison du courant El Niño.  

L’activité des bateaux d’observation des lagons du sud de la péninsule subirait un déclin, d’autant plus que cette industrie repose uniquement sur l’observation des baleines grises. Des impacts dévastateurs sont à craindre pour les communautés des petites villes côtières mexicaines dont l’économie est déjà précaire. Les auteurs recommandent qu’une recherche soit effectuée pour créer des activités écotouristiques alternatives durables, dans une région qui bénéficie d’un environnement sauvage et d’une grande diversité biologique.

Finalement, vaut mieux y aller maintenant!

Et au retour, des lions de mer sur leur "banquise"...

Et il est probable que le sel consommé chez nous provienne de la lagune. Des industriels japonais y sont propriétaires d'une usine. 








jeudi 29 janvier 2015

Je me souviens

Bob, qui faisait partie de notre groupe, disait que dans sa famille, deux sujets étaient évités : la politique et la religion. Quelle sagesse ! Sagesse partagée par tous les membres de la caravane.

Donc, on ne s'attend peut-être pas nécessairement à être interpellé sur la devise qui apparaît sur les plaques d'immatriculation du Québec. Et pourtant !

En plein milieu de nulle part, à Ciudad Constitucion, le propriétaire du camping Palapa 206 RV Park & Motel, Mike...m'aborde en me demandant la signification de celle-ci ! Does it mean I remember ? Je lui réponds qu'effectivement c'est la signification littérale de "Je me souviens "

"Vous vous souvenez de quoi ?" me demande t'il. "Que Wolfe a battu Frontenac  sur les Plaines d'Abraham ? De toute façon, les Français ont toujours perdu leurs guerres. Et ils ne sont pas allés en Irak..,bla,bla.."

L'enguelade a pris mais au moins je me suis vidé le cœur, non seulement sur l'Irak mais aussi sur la stupidité de tels propos.  Mon ami Claude S. lui aurait flanqué une bonne baffe. Ce génie est un britannique qui vit au Mexique depuis plusieurs années. Pour plus de respect, évitez ce camping. De toute manière, ce n'est pas très beau, sablonneux et poussiéreux.



mercredi 28 janvier 2015

Voyage en groupe ?



Je l'ai dit dans le premier carnet, on n'y est pas habitué et ce n'est pas notre tasse de thé ! Nous n'avons pas vraiment apprécié être astreint à un horaire, autant le matin au départ qu'en fin de journée, tant pour le happy hour que pour les soupers au resto, quand certains de ceux-là étaient prévus. Comprenons-nous, nos compagnons étaient fort agréables et nous avons apprécié ces moments partagés avec eux. Mais nous préférons, et de loin, être totalement autonomes et décider seul de nos itinéraires et de nos sorties, autant en Campignol que dans nos voyages à l'étranger. Celà dit, l'appartenance à un groupe rassure pour une première expérience en v.r. au Mexique et fait probablement gagner du temps. Nous n'avons aucun regret.

Nos organisateurs, Lisa et Dan sous le crachin de La Paz

Malgré ces contraintes, nous fûmes certainement bien acceptés parce qu'on m'a même demandé de développer une offre de service pour les Québécois en Baja California et devenir accompagnateur, ce que j'ai décliné. Je tiens trop à mon indépendance et à ma liberté retrouvée après la retraite.

Nous faisions partie d'un groupe composé de canadiens de la Colombe Britannique et de la Saskatchewan.

Notre groupe 

Tous furent extrêmement gentils. Et certains préjugés, autant les nôtres que les leurs sont certainement tombés. Le Canada étant essentiellement formé de deux solitudes, comme l'écrivait Hugh McLennan dans son roman du même titre, il n'est pas toujours facile de concilier nos modes de vie et de pensées, mais je crois bien que nous y sommes arrivés. Nous avons participé volontiers aux différents pot lucks, ces soupers collectifs où chaque convive prépare un plat et ce fut ma foi, fort agréable et très bon. 

Nous nous sommes quittés très cordialement, non sans que je n'aie réussi à leur tirer quelques larmes suite à un petit laïus bien senti.

Participer à ce genre de caravane implique aussi une belle solidarité. Un vr qui a connu de petits problèmes avec un système de lits transformables a ainsi subi une intervention conjointe Bc.-Québec pour la réparation.

De plus, comme les routes sont très étroites, la collaboration sur la route est essentielle. Comme nous formions quand même une longue file de véhicules, la courtoisie imposait de faciliter les dépassements. Il était donc nécessaire d'être vigilant et d'adapter sa conduite en conséquence. Notamment, chaque vr avait en mains un radio permettant à chacun de communiquer avec les membres du groupe. Le chef de caravane annonçait les véhicules venant à notre rencontre, ce qui permettait à ceux qui suivaient d'actionner le clignotant gauche, signalant aux véhicules qui voulaient nous dépasser qu'ils pouvaient le faire en sécurité. Le clignotant à droite signale au contraire de ne pas dépasser lorsque la circulation venant à notre encontre ne le permet pas. Et dès qu'un véhicule nous dépassait, nous devions par radio annoncer ce dépassement, chaque vr faisant précéder son intervention du numéro qui lui avait été assigné. Les virages à gauche ou à droite sont indiqués au moyen des clignotants d'urgence. Bien que ça ait nécessité une certaine période d'adaptation, le procédé est assez efficace et sécuritaire.

"Big rig coming..."


En définitive, le trajet et le choix des campings est correct. Ce fut définitivement une belle expérience. À compter de maintenant, pour encore quelques semaines en Baja California, nous serons livrés à nous-mêmes, avec éventuellement nos amis Paul et Lise.

vendredi 9 janvier 2015

Le Mexique en v.r.

Nous sommes maintenant le 28 janvier.  Le 25 fut notre dernière  journée avec le Baja Amigos Tour. Un peu paresseux, j'ai tardé à livrer mes impressions, tant du Mexique que de notre participation à une caravane, fut t'elle petite,  ( 6 v.r. au total) comme celle à laquelle nous nous sommes joints le 5 janvier. Voici donc quelques informations factuelles que je ferai ensuite suivre dans d'autres entrées par une réflexion plus générale sur toute cette expérience.  

Mentionnons d'abord, et telle est la volonté de notre chef de caravane, que nous limitions  nos déplacements à quelques 200 km. par jour, parfois moins, rarement plus. Ce faisant, nous n'arrivions pas très tard à notre destination, ce qui est recommandé au Mexique, les routes n'étant pas très sûres, surtout la nuit. Pourquoi ? Parce que la nuit, plusieurs conduisent en état d'ivresse, et qu'il y a plusieurs accidents. Même le jour il faut être prudent et vigilant. Les routes sont étroites, souvent sans accotement et le machisme mexicain y est à l'honneur. Il y a d'innombrables croix, nous en avons vu des centaines sûrement, en mémoire des victimes de la route.

Accident, 1 décès malheureusement 

D'innombrables petits mausolées 


Un peuple très catholique 


Les terrains de camping sont très bien décrits, et beaucoup mieux que je ne saurais le faire, dans le guide de Mike et Terri Church, "Camping Mexico's Baja. On ne vient pas ici sans ce livre.

Soulignons cependant qu'on ne va pas dans la Baja pour l'aménagement esthétique des sites, qui sont le plus souvent aménagés dans ce qui tient plus d'un parking que d'un parc...Mais en général, sauf exceptions, les services sont adéquats quand il y en a, et le dry camping se pratique dans des lieux tout à fait acceptables, comme sur les plages ou dans le désert. Partout on doit faire preuve de grande prudence avec l'eau. Il est préférable d'acheter des contenants réutilisables de plusieurs litres qu'il est possible de faire remplir pour quelques pesos dans la plupart des villages auprès du pourvoyeur local. Et au sortir du Mexique on aseptise ses réservoirs d'eau fraîche.

Nuit sur la plage à Lazaro Cárdenas

Dans le désert à Catavina

Sur la plage de Santispac

Un coucher de soleil au Villa Serena R.V.Park à Cabo San Lucas


Sur la route, nous avons franchi le Tropique du cancer

Les mexicains sont généralement accueillants et souriants. Dans la Baja à tout le moins. Sur les plages, plusieurs vendeurs déambulent, sans toutefois manifester trop d'acharnement. Nous avons vu bien pire en Asie, notamment au Vietnam et surtout au Cambodge sur le site d'Angkor Wat.

Les villes les plus touristiques, Cabo San Lucas, Cabo San José, Todos Santos, Los Bariles affichent des prix en dollars U.S., alors que les guichets automatiques distribuent les devises autant mexicaines qu'américaines. Et les prix sont assez élevés dans ces villes si on compare avec les lieux moins touristiques. 

Pourtant, peu d'américains mais surtout des touristes provenant du Canada, dont principalement de la Colombie Britannique. Des Européens aussi, surtout des allemands. Les américains sont craintifs de venir au Mexique, surtout qu'ils ne peuvent y apporter leurs armes comme aiment le souligner certains à la blague. Et les préjugés sont tenaces. Nos amis de San Diego s'inquiétaient tellement pour nous. Honnêtement nous ne voyons pas matière à tant d'appréhensions.

De nombreux allemands en tank...


Et des Français, aussi en tank

 Et en plus petit, ceux-là partis depuis 4 ans, jusqu'en Argentine même